Entrez dans le labyrinthe jovial, évadez-vous dans les méandres complexes de l'extase sensorielle
et oubliez le brouhaha nauséeux du quotidien moribond...


Lors d'une randonnée au dessus de la mer de nuages, rêver en silence, furtive escapade en falaise,
déguster une bonne bouteille de vin, puis écouter le doux murmure des pierres.
..
En vélo ou à pied dans le désert, se délecter des mets du monde, nager et plonger en pleine mer, écrire sur le sable...

Observer, photographier la nature, arbres et fleurs, oiseaux et faune sauvage...


Jouer à contre courant, cramponner la glace vive,
naviguer sur l'océan, pagayer en rivière,
grimper à tâtons du bout des doigts sur le calcaire, à pleine paume sur le granite...


Écouter le souffle du vent, l'eau des torrents et les chants d'oiseaux...

Chaussez godillots, palmes ou chaussons, pour descendre un canyon tumultueux,
skier des pentes de neige poudreuse, tanguer en musique, faire du hamac extrême,
planer légèrement et voguer selon le fil de l'envie et le sens du vent...


Partageons nos émotions, nos péripéties rocambolesques et les découvertes subtiles...
Le bonheur est fait de bulles d'air qui pétillent et
font briller les yeux.




Méli-Mélo

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Chaque mois nous offre ses mots d'images pour les lutins et leurs parents, pour tous les farfadets plus ou moins sages, guettons sans cesse les facéties des génies des montagnes qui s'éveillent quand l'esprit sommeille inconsciemment.

Retrouvez chaque mois de nouvelles photos émoustillantes, cueillies à point
au fil des saisons ; des clins d'oeil saugrenus pour nous évader quand le soir venu les cils s'entrecroisent.

Également chaque mois de nouveaux textes à partager agrémentés de citations d'auteurs (petits ou grands), et divers coups de gueule ironiques pour le sourire.

Une multitude de fariboles et de joyeuses escapades, comme une invitation au voyage qui parfois commence au bout de la rue, quand la curiosité est un joli défaut.







mercredi 8 décembre 2010

i paradisi



' i paradisi...' C'est au fond du jardin, tout au fond...

Ou dans la forêt au milieu des arbres fantastiques qui dansent avec le vent.
Il faut y creuser un trou, comme le creux de la main, pour y déposer des petits bouts de verre, des vieux bijoux, on y cache des objets étranges ou brillants.
Ensuite il faut recouvrir le tout de terre, de feuilles, d'humus, il faut bien tasser délicatement avec les paumes, puis il faut l’oublier, oui, surtout l’oublier...



Et un jour au hasard, longtemps après parfois, en creusant la terre du bout des doigts...

Soudain la main rencontre une chose étrange et
précieuse...

Comme un trésor mais bien davantage encore..."


...' i paradisi '... comme un cadeau mystique et fabuleux... "


- Légende corse -


mercredi 18 août 2010

La sagesse de l'indien


L'anecdote, relatée par Frison-Roche, lui fut contée en 1969 lors d'une expédition sur la Nahanni, rivière sauvage du grand nord canadien. A cette époque l'exploitation pétrolière avait déjà anéanti des millions d'hectares pour la cause de l'or noir. Il s'agissait du territoire des Eskimos et des Indiens qui dès lors furent parqués dans des réserves ou exploités comme il se doit et soumis aux douces mœurs occidentales ; la tentation du modernisme, l'alcool et l'argent eurent progressivement raison des traditions ancestrales. Les grandes sociétés pétrolières eurent ainsi le champ libre pour envahir rapidement les territoires les plus reculés au mépris bien évidemment du droit de ces civilisations de vivre et d'exister.
"Gros Louis" était un chef indien respecté d'une province du Quebec, militant engagé et grand revendicateur de la cause indienne. Il réclama publiquement la restitution de tout le Canada aux Indiens, seuls occupants légitimes de cette terre...
Il fut un jour convoqué pour une discussion amicale avec l'un des grands hommes politiques du Canada Français qui lui posait avec ironie cette question :

- 'Gros Louis', vous réclamez le Canada... Admettons...! Mais que ferez-vous des blancs ?
Ce à quoi il répondit finement :
- Nous les mettrons dans des réserves !


mercredi 11 août 2010

Le Dahu des Pyrénées



Quand chacun jugeait l'existence du Dahu improbable, quand les uns évoquaient une légende lointaine... et que d'autres riaient et sourient encore au nez de ceux qui le cherchaient en vain. Mais encore faut-il chercher avec tact et persévérance en tachant de comprendre où se cache cet animal mythique? Il faut alors faire preuve de finesse, d'empathie et de mimétisme pour analyser le comportement hors normes du fameux dahu. Il semblait donc primordial d'entreprendre une quête naturaliste minutieuse pour interpréter la complexité comportementale de l'animal et les éventuels composants de son biotope, mieux le comprendre pour bel et bien le voir et l'approcher enfin, le rêve de tout montagnard...


Première hypothèse :

L'animal est fort probablement une relique glacière, bien qu'ayant muté selon le changement climatique il doit rechercher l'austérité et la fraîcheur des cirques lointains, quasi inaccessibles à l'homme et reculé de toute civilisation.



Deuxième supposition :

Il doit se méfier des vents trop forts Nord-Sud qui brouillent les messages olfactifs annonçant un danger imminent. Il doit donc fréquenter des lieux plus cléments, des vallons suspendus orientés Est-Ouest par exemple !



- Troisième suggestion : Il doit demeurer à proximité de points d'eau pour s'abreuver aisément en dépit de ses difficultés de déplacement (faut-il rappeler aux incultes qu'il possède deux pattes plus courtes...). Une zone montagneuse escarpée avec un lac ferait l'affaire...

- Quatrième évidence : Il arbore en conséquence des pentes régulières et franches afin de pouvoir effectuer le tour d'une montagne sans se retourner, cause évidente de sa quasi-disparition. Il fallait donc envisager la proximité d'un sommet majeur offrant suffisemment de refuges et caches indispensables à sa protection.

Après avoir brainstormé ces multiples composantes, je compulsais avec ardeur et acharnement les rares ouvrages traitant de la chose puis me penchais attentivement sur les cartes IGN pour déterminer les zones idéales de présence de l'animal... Après plusieurs mois de quête infructueuse dans les coins les plus reclus des Pyrénées, une ultime reflexion laissa le bout de l'index s'apposer magnétiquement sur un point de la carte de la Vallée d'Ossau...


Bon sang mais c'est bien sur, comment ne pas y penser plus tôt ! Le Lac d'Isabe et le massif de Sesques évidemment ! Un coin sauvage, oublié, difficilement accessible et peu fréquenté, l'endroit idéal...



Un beau matin du mois d'août je partis donc à l'aube avec la même discrétion du chasseur de cèpes qui s'éclipse sans nul mot à personne... Les conditions étaient idéales, peu de vent, beau temps pour la journée. Je m'équipais de jumelles et m'armais de courage et patience pour dénicher la bête invisible. Et... après 12 heures de recherche et de progression camouflée, accroupis à contre sens du vent... soudain... dans les contreforts de l'Escarpu... Que vois-je.....?......?.........?...........................

......................................................................................................



Oh merveille des Pyrénées ! ! !


Un magnifique spécimen endémique de Dahu Pyrenaica Senesterus (pattes gauches plus courtes à l'inverse du dahu dexterus comme chacun sait) divaguant avec nonchalance mais non sans méfiance d'un bloc à l'autre toujours l'oreille et l'œil à l'affût.



Ainsi le Dahu existe bel et bien et se gausse en douce des esprits récalcitrants à l'esprit retord ! Que les mauvaises langues désormais s'emberlificotent avant de pavoiser outrageusement, que les naîfs incrédules écarquillent ce qui leur sert de mirettes, la preuve est formelle et indiscutable.




Car les images parlent d'elles-mêmes et contribueront sans nul doute à élaborer de nouvelles thèses naturalistes et pyrénéennes ! Après avoir contacté quelques scientifiques en la matière, Bruno Perissus, dahulogue de renommée internationale m'a confirmé les conclusions en ces termes :

" C'est probablement un sénestrus slovène (le dextérus ayant officiellement disparu)
qui s'est adapté à l'environnement isardesque de son massif d'adoption ; en effet ces
ail'ytres (plus solides qu'une aile en cas de fort vent et plus léger qu'une élytre)
sont une adaptation qui permet de faire de courtes envolées lors de traversées
hasardeuses."

Une mutation physiologique et génétique... En voilà donc un coin de bouché chez les médisants manquants d'ouverture ! Et les prochaines recherches se tournent désormais vers d'autres légendes qui ne demandent qu'à être élucidées ; qu'en est-il réellement des fameux Grizzlis des Pyrénées ou du féroce Yéti de la Vallée d'Aspe...? A suivre...



Xabi



(Nb : photos réalisées sans aucun trucage...! Si un enfant reconnait sa licorne...)



mardi 29 juin 2010

Montagne aux écritures



Plumes de roc



L’écriture demeure l’art majeur, la forme la plus évocatrice des émotions montagnardes, le bouleversement des sens et des sensations a une incidence profonde sur l’expression de l’homme qui va tenter de retranscrire avec ses mots l’expérience corporelle et spirituelle vécue en altitude ou plus globalement dans cet espace naturel hors temps.





« ...... Rien que du blanc à songer ..... »





- Arthur Rimbaud -




Les poètes et les voyageurs seront plus intimement bouleversés par la beauté des paysages, 
le caractère énigmatique des populations de montagnes, le panorama grandiose des massifs et des
sommets. Les sens sont évidemment la source de toutes leurs vibrations. 
Ils y trouvent l’écho de leurs inspirations poétiques et de leur talent de narrateur. 
Tous les écrivains se sont passionnés à un moment de leur vie pour cet univers féerique et 
majestueux qu’est la montagne. Chacun fut sensibilisé de façon intimement différente par les 
multiples éléments naturels de la montagne. 
Pour tous l’émotion demeure vive, le verbe clair et les mots d’une finesse précise.



« La neige est un poème. Un poème d’une blancheur éclatante,
un poème qui vient de la bouche du ciel
et qui tombe des nuages en flocons blancs et légers.
Il porte un nom. Un nom d’une blancheur éclatante... Neige... »

– Maxence Fermine –



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" - A cinq mille pieds au dessus du niveau de la mer… "






« On se réveilla à demi gelé, par un air très vif, aux rayons d’un beau soleil.

Je quittai ma couche de granit 
et j’allai jouir du magnifique spectacle qui se développait à mes regards. 
J’occupais le sommet de l’un des deux pics du Sneffels, celui du sud. 
De là ma vue s’étendait sur la plus grande parie de l’île. 
L’optique, commune à toutes les grandes hauteurs en relevait les rivages, 
tandis que les parties centrales paraissaient s’enfoncer. …….

Sur ma droite se multipliaient les glaciers sans nombre et les pics multipliés, 
dont quelques uns s’empanachaient de fumées légères. 
Les ondulations de ces montagnes infinies,
que leurs couches de neige semblaient rendre écumantes,
rappelaient à mon souvenir la surface d’une mer agitée. 
Si je me retournais vers l’ouest, l’océan s’y développait dans sa majestueuse 
étendue comme une continuation de ces sommets moutonneux. 

Où finissait la terre, où commençaient les flots, mon œil le distinguait à peine.  
Je me plongeais ainsi dans cette prestigieuse extase que donnent les hautes cimes, 
et cette fois sans vertige, car je m’accoutumais enfin à ces sublimes contemplations. 

Mes regards éblouis se baignaient dans la transparente irradiation des rayons solaires. 

J’oubliais qui j’étais, où j’étais, pour vivre de la vie des elfes et des sylphes…..

  Je m’enivrai de la volupté des hauteurs sans songer aux abîmes...»


- Jules Vernes – Voyage au centre de la Terre -


Dans cet extrait dithyrambique, Jules Vernes décrit les effets de l’altitude et le bouleversement des 
sens sont source d’extase pour le personnage principal qui s’oublie et s’enivre.
Les métaphores sensitives sont omniprésentes et viennent confondre le vocabulaire de la mer 
et de la montagne, il n’est pas rare en effet de comparer le gigantisme de ces deux éléments qui, tout 
en étant totalement différents, immergent l’humain dans un monde où il n’a théoriquement pas 
vraiment sa place, où tous les sens se disloquent.
La métaphore est un moyen d’approcher et de retenir la sensation du réel, c’est-à-dire l’instant 
fugitif au cours duquel nous avons eu le sentiment d’être vraiment au cœur des choses. 
Pour rejoindre cette sensation furtive et disparue, pour restituer sa formidable puissance jubilatoire, 
il faut recomposer un langage qui renvoie au toucher, à l’odorat, au goût, à l’ouïe et à la vue.


« …Une pierre où jouait un reflet, un toit, un son de cloche, une odeur de feuilles,
bien des images différentes sous lesquelles il y a longtemps qu’est morte la réalité pressentie

que je n’ai pas eu assez de volonté pour arriver à découvrir
»


– Proust –



L’émotion est si vive que chacun à son tour tente de personnifier l’élément montagnard pour exprimer les sensations et les sentiments le plus justement possible.

 

L'essence des sens
   Serait-ce le fait de vivre régulièrement en immersion dans cet univers naturel et de côtoyer la faune sauvage qui contribue à forger des personnalités émotives dotées de sens si affinés ?  Ou serait-ce inversement une extra sensibilité innée de certaines personnes qui les amène à s’intéresser de plus près à ce monde comme nul autre comparable pour en apprécier la richesse et la finesse ?   Probablement les deux cas s’entrecroisent et se combinent pour les divers auteurs énoncés. Avec un point commun, véritable fil névralgique de ces différentes démarches.  Que l’on soit alpiniste, naturaliste, poète ou berger, le corps est en alerte permanente, les organes sensitifs à l’affût, prêts à ressentir crûment les sensations multiples, incisives, puis les retransmettre à vif, sans qu’elles ne perdent rien de leur force et de leur sincérité. La montagne parle à qui sait l’écouter. Les sens nous ouvrent la voie des mystères sauvages qui exacerbent les sens…  Toutefois en y regardant de plus près et en étudiant précisément les détails des éléments de montagne, il semble qu’une notion plus intime et profonde explique cette étrange attirance hypnotique de l’homme vers les cimes...   
Les alpinistes au grand coeur
Il est par exemple intéressant de noter l’ambivalence des montagnards bruts, massifs et taillés dans le roc, trempés d’un caractère résistant aux conditions les plus extrêmes. Leur personnalité presque ‘animale’ contraste alors avec cette sensibilité qu’ils développent soudainement pour relater leur expérience émotionnelle.    
« ....Cet univers de l’altitude rentre dans la peau comme si
inexorablement l’on se noyait dans l’immensité.
En même temps il y a cette sensibilité presque exacerbée aux objets,
aux formes, aux légers bruits tout proches.
Quand la pente fuit sous nos pieds, la rupture avec le monde d’en bas, notre solitude
et l’épaisseur du silence nous ramènent au sentiment de notre fragilité. »

Pierre Beghin (Guide de haute montagne)
L'alpiniste va tenter d’épancher sur le papier cet effeuillement physique, cet hypnotisme dans lequel le plonge cette tension nerveuse d’un effort frôlant sans cesse les limites du monde humain. Démarche suicidaire et futile pour les uns, quête de son for intérieur pour les personnes concernées qui laissent jaillir leurs émotions .
…." J’aime le rocher, je le considère comme un matériau vivant
que je dois essayer de maîtriser.
Chaque passage a une âme, avec ses secrets et ses ruses,
chaque roche possède son caractère propre. "
 
Catherine Destivelle (Alpiniste)
 . . .
« Assis sur une petite corniche,  
nous avions chanté face aux étoiles.
Tout nous semblait bien.  Le glacier devant nous comme un vaste miroir
reflétant mille et mille éclats de lune. »
- René Desmaison (Alpiniste) -
. . .
L'âme profonde de la montagne 
Chaque sortie en montagne est une aventure pleine de découvertes et de rencontres, mais  après quelles convoitises courent-ils donc sincèrement, tous ces montagnards charpentés  et robustes aux cœurs encarapacés. Mais d’où vient ce désir intense d’un affranchissement  des contraintes de la pesanteur ?     L’appel d’une nature dans sa toute-puissance demeure  une des clés de l’alpinisme. De même que le tracé dans une paroi d’un itinéraire, aussi  intelligent et direct que possible, constitue un chef-d’œuvre passager, au cœur d’un univers  dont l’homme doit respecter la force immuable. Quant à ces bergers qui triment à longueur d’année, s’exilent et se coupent du monde,  de leur famille, de leur femme et de leurs enfants pour certains. Pour l’ensemble de  ces personnes qui endurent et résistent aux conditions les plus rudes et les plus brutales,  quel est le sens de cette volonté les menant parfois à bout d’eux-mêmes et de leur force.  La montagne semble réellement contenir une face mystérieuse et subliminale imposant son  influence cosmique à ceux qui s’aventurent trop près d’elle et poursuivant une démarche  intime et profonde d’ivresse et de liberté. La quête inconsciente des cimes va bien au-delà  d’une attirance irrésistible. L es randonneurs et les rêveurs y perçoivent une osmose sensorielle  et s’épanouissent en cette gangue d’oxygène vivifiante qui malaxe les idées sombres.  L’esprit, limpide et transparent, émulsionne ainsi en mémoire les pigments d’un décor idyllique  et fabuleux qui font briller les yeux, c’est probablement pour cela que pétille le regard des  bergères en estives.     
« – C’est de courir dans la rosée qui rend les bergères jolies… » chante-t-on…
Les montagnards eux dépendent d’une attraction magnétique vers les sommets, la montagne semble  être un exutoire sublime pour évacuer les pulsions charnelles prisonnières de ce carcan osseux qu’est le corps. L’enveloppe sociale explose, l’individu sort de son cocon, les tabous et les peurs s’annihilent.  Si rudes et si renfrognées soient les personnes, leur sensibilité naturelle éclate au grand jour, suave et  dénudée de tout artifice. Et les haltes régulières en refuge apportent alors un réconfort sommaire  mais suffisant au corps à s'émouvoir des plaisirs simples comme le chante si bien ce chant des vallées.  
Ainsi, les sens orientent et concentrent toute leur force émotionnelle au service de la cause amoureuse !  Voilà donc peut être le cœur de nos palpitations sensorielles. Car seule une histoire de cœur peut  réellement s’immiscer entre l’homme et la montagne. Et ce magnétisme étrange n’est autrement animé  que par un profond sentiment irrésistible pour tout montagnard aussi endurci soit-il.   
. . .
 
Et bien des auteurs l’on ressentit, écrit et chanté à tue-tête…
 
« Faute de fleurs de lis, on eut la pâquerette…
Au printemps Cupidon fait flèche de tout bois ….
… et la moindre bergère est un morceau de roi. »   
Georges Brassens –
Pourquoi depuis des lustres la montagne attire-t-elle tant l’homme ?  
Est-ce parce qu’elle est belle et capricieuse, caractérielle et généreuse ? 
Pas uniquement répondront néanmoins certains.   
 
« La lutte vers les sommets suffit à remplir un cœur d’homme.
Il faut imaginer Sisyphe heureux. »
Albert Camus
 
Tous les éléments se réunissent enfin et confirment cette puissance mystique.  La montagne recèle ainsi tous les mystères et réserve bien des surprises à qui sait écouter cet  univers minéral et s’émouvoir de l’explosion sensorielle que génère la montagne. Puis les sens nous ouvrent au langage secret des pierres, et la faune et la flore fredonnent à ceux  qui prennent le temps de tendre une oreille généreuse.   L’envoûtement final n’est autre qu’une  ivresse sensuelle et charnelle des sens que chacun ressent bel et bien sans pouvoir l’exprimer clairement.  Les impressions s’immergent et se confondent dans un chaos émotionnel sans égal, le charme agit  et ne laisse nul insensible.       

mardi 8 juin 2010

La Légende des huîtres perlières








Les perles sont conservées dans des bocaux emplis d’eau limpide.

Cette eau est de l’eau de pluie absolument pure,

de l’eau qui n’a jamais touché la terre,

et telle qu’elle est née de l’union du feu du ciel et des nuages blancs.


Les perles sont des gouttes de rosée tombées du ciel pendant les nuits de lune,

et qui emportent avec elles, dans la mer profonde,

un peu de cette lumière merveilleuse et douce de l’astre qui compte notre temps.


Les sadafs nacrés reçoivent dans leurs manteaux soyeux

ces larmes précieuses de la nuit

et dans le mystère de la mer, prennent corps les perles,

filles de l’eau du ciel et de la lune.


Quand elles sortent de la mer les perles sont imprégnées d’eau salée

qui verdit la pureté de leur éclat,

elles se purifient dans l’eau de pluie dont elles sont filles…


As-tu regardé des perles sur un drap noir au clair de lune ?

Eh bien, fais-le quand le mois est à son quinzième jour

et tu verras une chose inoubliable…



- Les secrets de la mer rouge -

- Parole recueillie par Henry de Monfreid d'un trafiquant d'armes et de perles -


dimanche 4 avril 2010

Les huit sens du montagnard...









Le 6e Sens du montagnard.... l'équilibre....





Sur un bateau cela s’appelle ‘’Avoir le pied marin’‘ quand la houle roule et malmène et que le bateau tangue étrangement. En altitude il s’agit du pied montagnard qui permet d’anticiper les nombreuses embûches en conservant une allure régulière même en terrain escarpé, quand les lutins s’égayent à vous semer des pièges sous les godillots.
Le sens de l’équilibre est celui qui permet de jouer avec les effets d’apesanteur lors d’un passage légèrement scabreux ou aérien. Il concerne toutes les personnes évoluant sur des sentiers, traversant des pierriers ou négociant un passage sur des blocs, chose courante sur les sentiers de randonnée.




« Comme un trapéziste au terme de ses exercices sans filet,
dans le même état d’esprit que l’acrobate jouant avec l’apesanteur
et défiant les lois de l’équilibre. » 






- J.Christophe Lafaille (Alpiniste) -





Le Vertige


 


Le mot vertige est étymologiquement lié à un bouleversement sensoriel et fait souvent l’objet de métaphores quel que soit le thème auquel il se rapporte. On évoque ainsi volontiers le vertige musical, du jeu, des sentiments, du pouvoir, de l’amour…. On parle également d’un phénomène aquatique similaire au principe montagnard, le vertige des profondeurs quand un nageur perd psychologiquement pied en découvrant le vide abyssal d’un gouffre marin.

Le vertige des hauteurs est une phobie psychique. La majorité des personnes qui se disent sujettes au vertige subissent en fait réellement les conséquences d’un manque de confiance concernant les positions élevées par rapport au sol. Cela peut être lié soit à la méconnaissance de leur corps dans un contexte aérien soit à une méfiance liée au matériel utilisé (remontée mécanique, cordes, raquettes à neige, skis etc.).

Généralement ce symptôme se combat et ‘se soigne’ plus ou moins radicalement selon les personnes par le biais d’une approche pédagogique et progressive de l’activité concernée, en pratiquant le sport avec des paliers d’acclimatation ainsi qu’en expliquant les caractéristiques techniques du matériel nécessaire. La personne intègre et accepte majoritairement ces nouvelles données et acquiert une force de caractère à toute épreuve !

Le ‘vrai vertige’ traduit en revanche un trouble fonctionnel ou organique des systèmes de régulation de l’équilibre pendant lequel le malade a typiquement la sensation de voir son environnement tourner autour de lui.
L’épisode, habituellement bref, s’accompagne volontiers de nausées, de vomissements et de troubles de la station debout pouvant entraîner la chute. Le vertige donne une sensation de rotation des objets dans un des plans de l’espace. Cependant, il peut procurer une sensation de déplacement longitudinal ou, parfois, de simples oscillations.






- L’Equilibre Moral -


Il semble difficile de définir cet équilibre psychologique comme étant un sens ; c’est une composante complexe de la nature de chaque individu. Toutefois il est intéressant de souligner que ce facteur entre en interaction immédiate avec l’épanouissement corporel et sensoriel lors des activités de montagne.

Il est en effet admis de tous les alpinistes que le facteur psychologique – le Moral – est l’élément indispensable pour évoluer et grimper correctement, libéré des spasmes et frayeurs d’un éventuel échec (synonyme de chute.)




« C’est dans les Dolomites que j’ai découvert l’importance de l’équilibre dans la face Nord de la Cima Grande : 500 mètres de vide absolu !..... Ce jour là en appréciant cette escalade si proche de la perfection j’ai compris que mon compagnon possédait tout à fait et d’une façon très précise le sens de son équilibre ; c’était la raison de son aisance. Je le regardais en me répétant cette leçon : Acquiers le sens de ton équilibre et tu grimperas bien, car l’un conditionne l’autre.


Gaston Rébuffat La Montagne est mon domaine -



Mais l’équilibre ne concerne pas les seuls domaines de l’escalade et des cimes aériennes. Lors d’une simple randonnée, une personne n’ayant pas confiance en soi pourra, lors d’un passage sans risque apparent, subir une forte montée d’adrénaline qui risque fort d’entacher une belle journée et de la transformer en véritable calvaire laissant un souvenir acre de ‘n’y reviens pas’.



- Jour Blanc -

Dans un autre contexte, la sensation perçue lors d’un jour blanc en hiver bouleverse les sensations et la perception visuelle du corps humain. Quand ciel et terre se confondent, une gangue nébuleuse vous avale et vous noie dans une ambiance luminescente due au brouillard opaque. Les détails du relief s’évaporent, puis fondent, l’œil n’a plus de points de repère ce qui provoque chez certaines personnes un malaise proche du vertige ou du mal de mer.

En pareille situation, les sens soudain sont désorientés, l’esprit est complètement déboussolé, c’est le moment où jamais de faire parler son 7e sens montagnard…




Le 7 sens.... le sens de l'Orientation


Certains diront qu’il s’agit simplement d’une judicieuse combinaison des sens de la vue et de l’odorat qui permet d’avoir du nez et de sentir la bonne direction…

Que nenni, le sens de l’orientation en montagne développe bel et bien des propriétés sensorielles à part entière et mérite autant d’intérêt que les six autres.
Il s’acquiert progressivement et s’affine à force de volonté, d’abnégation et d’entraînement forcené sur le terrain.

Mais le sens d’orientation est également source de troubles dus, soit aux éléments naturels déchaînés, soit à une acuité plus que défaillante chez certaines personnes.

Des études scientifiques réalisées récemment prétendent que le sexe féminin est inversement doté d’un sens de désorientation surdéveloppé...
Mais des études de cas relatent néanmoins des expériences masculines tournant à l’échec le plus total, les statistiques étant malheureusement faussées face au caractère confidentiel voire secret de ces mésaventures humaines…


« Ne pas perdre la boussole ! »

Pour développer ce sens et combler les lacunes de certains montagnards, les scientifiques et géographes ont mis conjointement au point pléthores d’outils censés annihiler les difficultés rencontrées en terrain montagneux.

Ainsi, cartes IGN, boussoles, GPS et altimètres comptent désormais parmi les ustensiles indispensables constituant la parfaite panoplie du petit randonneur des cimes.
Mais les rumeurs circulent que malgré les progrès techniques réalisés depuis quelques décennies, certains individus, hommes et femmes, poussent la technologie dans ses derniers retranchements et viennent à bout des dernières trouvailles jamesbondiennes.


Les scientifiques les plus pointus viennent récemment de rendre un rapport d’expertise stipulant officiellement que le meilleur moyen de développer son sens de l’orientation était d’apprendre à lire une carte et de ne point perdre la boussole, ce en aucune circonstance.




Le 8e sens du Montagnard


Un montagnard averti en vaut bien plus de deux. L’expérience, la vigilance et l’intuition extrasensorielle permettent d’anticiper les situations délicates et d’éviter bien des incidents liés à la météo, aux conditions de neige ainsi qu’au facteur chance (ou malchance) qu’il faut prévoir comme il faut tout envisager.
 
Lors d’une randonnée le huitième sens du montagnard c’est la faculté sensorielle qui permet en l’espace de quelques secondes de fusionner toutes ses perceptions sensitives et d’analyser une situation somme toute banale, mais qui peut muer plus vite qu’un coup de vent en une cacophonie collective hitchcockienne…

C’est par exemple anticiper un coup de pompe hypoglycémique, ne pas rater les lagopèdes qui décollent au loin, tout en scrutant les nuages qui montent soudain, éviter de se prendre les pieds dans ses lacets encore défaits et bien prendre ses repères avant l’arrivée du brouillard d’ici demi heure laissant juste le temps de rejoindre la bergerie à l’orée du bois.

C’est encore savoir prévenir la chute d’une pierre qui ne demande qu’à tomber, avertir de ne pas se fier au becquet trop généreux pour être honnête, se méfier du piégeux gyspet qui soudain vous envoie au tapis rocheux quelques mètres plus bas… le tout en trente seconde…

En hiver le huitième sens c’est adapter l’itinéraire prévu aux conditions d’enneigement, ne pas se fier strictement au bulletin de météo un brin optimiste. C'est également lire les mouvements de la neige dans chaque vallon, observer au loin les corniches soufflées qui vous indiquent le récent souffle d’Eole.

Ce huitième sens est ainsi une subtile combinaison entre le bon sens et l’intuition, entre les connaissances et la perspicacité. Penser à se poser les bonnes questions au bon moment, écouter ses partenaires, point d’affirmation hâtive et résolue, c’est conserver un calme tonique et imperturbable à chaque instant, et avec le sourire…



lundi 14 décembre 2009

Les igNobels 2009 décernés



Alors que le monde salue unanimement les prix Nobel, les prix IgNobels ont été décernés.


Les prix sont décernés, au cours d'une vrai cérémonie, aux recherches improbables (du nom de l'organisme qui les décerne, Improbable Research), étonnantes, et amusantes. Le slogan : "For achievements that first make people LAUGH, then make them THINK" ("Pour les réussites qui font d'abord rire, avant de faire réfléchir").
Les lauréats ne sont pas forcément des branquignols !

L'un des lauréats passés, Andre Geim, a réçu un prix pour avoir fait léviter une grenouille. La chose était déjà une performance, même si la démonstration était cocasse. L'homme s'est ensuite fait connaître plus sérieusement en faisant partie des pionniers de la fabrication du matériau le plus à la mode dans la physique de la matière condensée : le graphène.

Rappelons également les prix IgNobel français, un en 2008 pour une équipe de Toulouse ayant démontré que les puces des chiens sautaient plus haut que les puces des chats, une en 2006 à une équipe parisienne ayant démontré que les spaghetti se cassent toujours en plus de deux morceaux, un en 2005 pour un biologiste ayant catalogué les odeurs des grenouilles stressées, et surtout le prix IgNobel de la paix 1996 décerné à Jacques Chirac pour avoir testé une bombe atomique l'année de l'anniversaire d'Hiroshima (faut avouer, on peut en être fiers, de celui-là !).

Voici la liste des lauréats de cette année :

- Médecine vétérinaire : à Catherine Douglas et Peter Rowlinson de l'Université de Newcastle, pour avoir démontré que les vaches portant un prénom produisent plus de lait que les autres.

- Paix : à Stephan Bolliger, Steffen Ross, Lars Oesterhelweg, Michael Thali et Beat Kneubuehl de l'Université de Berne, pour avoir déterminé expérimentalement qu'il est préférable de recevoir sur la tête une bouteille pleine de bière qu'une bouteille vide.

- Économie : aux administrateurs, dirigeants et commissaires aux comptes de quatre banques islandaises (Kaupthing, Landsbanki, Glitnir, et la Banque Centrale d'Islande) pour avoir démontré que les banques minuscules peuvent être rapidement transformées en banques énorme, et vice versa (et pour avoir démontré que des choses semblables peuvent être fait pour une économie nationale tout entière).

- Chimie : à Javier Morales, Miguel Apátiga, et Victor M. Castaño de la Universidad Nacional Autónoma de México, pour avoir créé des diamants à partir de liquides, spécialement à partir de tequila.

- Médecine : à Donald L.Unger, de Thousand Oaks, pour avoir enquêté sur une cause possible de l'arthrite des doigts, en faisant craquer les doigts de sa main gauche (mais jamais ceux de la droite) tous les jours pendant plus de soixante ans.

- Physique : à Katherine K. Whitcome de l'Université de Cincinnati, Daniel E. Lieberman de l'Université Harvard et Liza J. Shapiro de l'Université du Texas, pour avoir déterminé par analyse pourquoi les femmes enceintes ne basculent pas.

- Littérature : aux services de police irlandais (An Garda Siochana), pour avoir donné plus d'une cinquantaine de contraventions à Prawo Jazdy, dont le nom signifie en polonais « Permis de conduire ».

- Santé publique : à Elena N. Bodnar, Raphael C. Lee, et Sandra Marijan de Chicago, pour avoir inventé un soutien-gorge qui, en cas d'urgence, peut être rapidement convertit en une paire de masques à gaz, l'un pour la porteuse, l'autre pour une personne qui en aurait besoin.

- Mathématique : à Gideon Gono, gouverneur de la réserve bancaire du Zimbabwe, pour avoir donné aux gens un moyen simple et quotidien de faire face à une large gamme de nombres (des plus petits aux plus grands) en faisant imprimer des billets de banque de valeurs allant de un centime à cent mille milliards de dollars.

- Biologie : à Fumiaki Taguchi, Song Guofu, et Zhang Guanglei de la Kitasato University Graduate School of Medical Sciences de Sagamihara, pour avoir démontré que l'on peut réduire la masse des déchets de cuisine de plus de 90 % en utilisant des bactéries extraites d'excréments de pandas géants.

Photos estivales

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Le regard plongé vers l'horizon qui recule toujours...

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Foehn ossalois

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Foehn et nuages



« Le visage tourné vers le sud, la joue droite moirée d’une douce lueur chatoyante échappée des lourds cumulus. Ils avancent et se groupent dans le ciel, cavaliers sauvages ébouriffés d’une course folle et fouettés de fougueuses bourrasques océaniques. Les voilà qui survolent nos têtes, ils s’éloignent parfois vers des terres arides, sèches, vers des paysages torturés et stériles où s’ébat un fier torrent aux eaux sablonneuses. Ils l’aideront à grandir.

Assis sur la rive, un homme observe le défilé des éléments qui l’incitent à partir, marcher au loin vers l'horizon et sans but précis, il s’imagine suivant ces hordes cotonneuses eu delà des limites que ses pensées lui imposent inconsciemment. Le visage s’éclaire de cette lumière crépusculaire, le dos résolument tourné au nord et l’esprit serein, rêvant à des destinées équatoriales et des cieux inédits. L’homme soupire.


Canyon du Bitet... Un rappel qui tobogande et un tobogan dont on se rappelle !

Le Cirque de Gavarnie et la Brêche de Roland...

Mer de nuages au sommet de l'Ossau

Blizzard au Pain de Sucre en Queyras